Synthèse commentée de Sud de le Rencontre entre Syndicats et le Président du Samusocial de Paris du 24 septembre 2021

 

Préambule

Sud indique avoir hésité à assister à cette réunion. En effet, cette rencontre a été initialement provoquée par la CGT, qui souhaitait reprendre ce type d’échange, entre syndicats et Président du Samusocial de Paris, comme cela avait été le cas auparavant. Sud, déplore que depuis 2018, plusieurs réunions entre syndicats et le président du Samusocial de Paris (Mr Pliez à l’époque) avaient été reportées à plusieurs reprises et quand elles avaient lieu, étaient tronquées du fait de l’agenda mouvementé du président. Sud a perçu cela comme du mépris. Tout le travail de préparation sérieuse aux réunions qui étaient soit reportées, soit annulées, semblait ne servir à rien. Sud avait l’impression de se tuer à la tâche pour faire un travail propre, dans le vide.

De plus, de manière unilatérale, il a été décidé qu’il n’y aurait plus de compte rendu détaillé des réunions, retranscrit, ni d’enregistrement des séances, comme cela était pourtant d’usage depuis plusieurs années. C’est une garantie de mémoire collective du travail syndical réalisé, et une preuve des engagements pris par la direction et le président.

Néanmoins, Sud a répondu présent à cette rencontre proposée entre syndicats et le président du Samusocial de Paris, le 24 septembre 2021, car le contexte est particulier. En effet, le président est nouveau, ainsi que la DRH, le secrétaire général et la directrice générale. Cela peut être vu comme une nouvelle opportunité d’un meilleur dialogue social.

Sud rappelle néanmoins que les conflits entre parties (syndicaux et de direction), a laissé des séquelles importantes sur les personnes, et nombre de syndicalistes se sont mis en retrait, expliquant en partie l’isolement dans lequel a pu se retrouver Sud.

Par ailleurs, Sud ne comprend pas pourquoi cette rencontre a été prévue d’emblée par visioconférence et ne souhaite pas que cela devienne  la norme. Ce à quoi Mr le président répond que la question avait bien été posée à ce sujet, à l’occasion de la réunion précédente, avec lui, le 6 novembre 2020. Et personne ne s’était opposé à une visioconférence.

 

Disparition de procès-verbaux mot-à-mot des instances et du règlement intérieur

Sud est revenu sur la disparition orchestrée des procès-verbaux des instances, notamment CHSCT. En effet, les CHSCT et CT donnaient habituellement lieu à un procès-verbal retranscrivant mot-à-mot ce qui était dit par chaque partie présente. Il y avait également un enregistrement et la bande sonore était communiquée aux participants. La nouvelle direction en a décidé autrement. Désormais il n’y aura plus de PV mot-à-mot ni de bande sonore mise à disposition automatiquement. La direction présuppose notamment une volonté délibérée de la part des syndicats, à rompre la confidentialité des documents en le communiquant à des tiers extérieurs. Néanmoins, aucun élément probant n’a été avancé pour étayer ce positionnement que Sud perçoit comme méprisant, car infantilise des partenaires sociaux, en plus de contribuer au discrédit des syndicats et favoriser ainsi à leur stigmatisation. C’est une forme d’entrave.

Sud déplore également la décision unilatérale de la direction, de rendre caduque le règlement intérieur du CHSCT, alors qu’il a été utilisé tout au long du mandat en cours depuis janvier 2019. Cela est arrivé du jour au lendemain sans réelle concertation. Sud y voit de l’arbitraire et une opacité sur les modalités d’application et de choix des textes réglementaire au GIP Samusocial de Paris.

 Enfin, Sud rappelle l’importance de la remise en place de l’utilisation du RSST (Registre santé Sécurité au Travail), la finalisation du DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) et la communication en temps et en heure du Bilan Social. Le président en prend note et s'engage à en avertir la direction.

 Le président rappelle enfin, l’importance de se doter d’un nouveau règlement intérieur pour le CT

 
Le statut GIP FPE du Samusocial de Paris

Le Samusocial de Paris a un statut hybride en tant que Groupement d’Intérêt Public assimilé Fonction Publique d’Etat. Il ne relève ni totalement du secteur public ni totalement du secteur privé. Cette situation lèse les salarié.es qui ne savent pas vraiment à quels textes se référer pour faire valoir leurs droits. Iels ont l’impression de s’en voir imposer les contraintes et désavantages respectifs, sans forcément les avantages. Les salarié.es sont en réalité des agent.es contractuel.les de droit public. Il y a bien un statut du personnel comme dans la fonction publique, se rapprochant de celui de l’administration publique. Le président explique que ce statut a été un choix. Il donne une marge de manœuvre pour répondre au plus près des missions qui lui sont demandées par les tutelles.  Il y avait d’autres possibilités. Le Samusocial de Paris aurait pu être un Association de loi 1901 par exemple.

La direction continue à travailler sur ce projet. Et différentes questions se posent : faut-il rester avec un statut hybride tel qu’il l’est maintenant, en essayant de l’améliorer ? faut-il devenir totalement un service public ? Il faut étudier tous les cas, voir les avantages et les inconvénients de chacune des options. Un travail comparatif est en cours, et cela peut avoir des impacts notamment sur le choix des grilles de salaires.

 
Question salaire

En effet, ce travail de comparaison entre secteur implique aussi un travail de mise à niveau des salaires. La fonction publique fonctionne par point d’indice, qui est malheureusement au point mort depuis plusieurs années. Il y a aussi différents types de primes auxquelles les syndicats prétendent pour les salarié.es, mais selon que l’on se réfère au public ou au privé, elles ne peuvent pas forcément se déployer de la même façon.

La question du Ségur notamment, et de la prime Macron 2, ont mis en exergue cet aspect. Les salarié.es du Samusocial de Paris sont toujours laissé.es pour compte. C’est toujours après-coup que l’on retoque pour inclure aussi les salarié.es du Samusocial de Paris. Et encore, toutes et tous n’ont pas forcément reçu le Ségur, car ne sont pas soignant.es, bien qu’iels travaillent au sein d’une équipe soignante, exposé.es aux mêmes contraintes, durant la pandémie.

La direction insiste bien sur le fait que lors du CA du 1° juillet, la demande d’une prime Macron 2 a bien été faite, mais ils ont refusé, l’Etat et la Ville de Paris. L’un des arguments avancés, étant que cela risque de donner l’exemple à plein d’autres établissements et services qui revendiqueraient du coup une égalité de traitement, à juste titre.

 
Question d’attractivité des métiers au Samusocial de Paris

Cela pose la question de l’attractivité des métiers au Samusocial de Paris, qui souhaite pourtant fidéliser ses salarié.es. Quid du travail social en général, comme met en avant le président. Ce secteur va mal. Il y a trop de postes vacants, car il n’est pas aisé d’embaucher pour les structures, aux vues des coûts. Pourtant, il y a de nombreux jeunes qui sortent des écoles avec un diplôme de travail social.

Et il est aussi important de réfléchir sur le devenir des carrières pour les salarié.es déjà en poste au Samusocial de Paris.

 
Déménagement du Samusocial de Paris

Le bail du Samusocial de Paris, du bâtiment Rue Ledru Rollin, à Ivry, arrive à échéance d’ici un ou deux ans. Va-t-on déménager ? C’est un chantier en cours. La direction explique que tout est pris en compte pour faire un choix au plus juste, si jamais l’on déménageait, pour que cela ait le moins d’impact possible pour le personnel. Peut-être irait-on plus vers le sud de l’Ile de France ?