Synthèse commentée du CHSCT du 14 décembre
2021, par Sud.
Le CHSCT a débuté à 9h30 et s’est terminé aux alentours de 14h30, avec des suspensions entre temps pour des impératifs extérieurs de la part de la DG.
Point 1 : Quorum ok.
Point 2 : Validation des PV du 9 septembre et 26 octobre 2021 reportés.
Point 3 : la situation sanitaire et les mesures de lutte contre l’épidémie de
Covid-19, notamment la vaccination du personnel.
La DRH a rappelé l’importance du maintien et renforcement des gestes
barrière que tous les agents doivent appliquer au mieux en cette période de
nouvelle vague avec le variant Omicron qui arrive. Nécessité de favoriser le
télétravail et les réunions en visioconférence.
Une campagne vaccinale à venir pour le rappel
et la troisième dose, tout d’abord pour le public hébergé, le personnel soignant
et travaillant en contact avec le public hébergé, puis tout personnel rentrant
dans les critères d’âge notamment, même non-soignant et hors services de soin,
selon la disponibilité de vaccin restant. Il faut être réactif.
Pour l’instant le gouvernement aiguille ses
préconisations via des décrets, ce qui reste plus malléable que des lois.
Néanmoins nous restons aux dépends de nouvelles annonces à venir suite aux
conseils de défense sanitaire. En tant qu’acteurs de la prévention, les membres
CHSCT doivent régulièrement être tenus au courant par la DG des avancements des
décisions gouvernementales et de la volonté de leurs mises en place, par la DG, au Samusocial de Paris.
Néanmoins, comme le rappelle la médecine du travail, le tout reste assez flou d’un point de vu législatif et on ne sait pas trop comment se mouvoir ou se projeter pour le moment.
Le télétravail encouragé, mais prudence sur
les termes utilisés :
Là où l’Accord Télétravail au Samusocial de Paris pouvait prévoir 2 jours
maximum de télétravail, l’on pourra désormais y déroger pour passer à 3 jours,
au vu du contexte. C’est ce qui se fait dans la fonction publique en ce moment.
Mais la DRH rappelle que de nombreux agents refusent le télétravail.
Ce a quoi Sud réagit en demandant ce que signifie « refusent » :
s’agit-il d’un refus formel opposé par les agents ou s’agit-il d’une déduction
par la direction ? En effet, la direction considère comme « refus »
le fait que les agents éligibles au télétravail n’aient pas rempli et envoyé de
formulaire dédié de demande de télétravail, alors qu’ils le pourraient.
Sud tient à faire la distinction entre un refus qui
serait formellement formulé par écrit nominativement par l’agent et envoyé à la
direction d’une part, et un refus déduit par la direction, sur la base d’une
absence de formulaire dédié de demande de télétravail rempli et envoyé par l’agent, d’autre
part. L’agent qui n’a pas rempli le formulaire dédié et qui ne l’a pas envoyé à sa hiérarchie, a sans
doute ses raisons, s’il ne souhaite pas télétravailler, rappelle Sud.
Recommander et encourager au télétravail, n’est pas obliger au télétravail. Les
retombées, les contraintes et les obligations de la part de l’employeur ne sont
pas les mêmes selon. Il est important de ne pas dissimuler une obligation
derrière une recommandation déguisée. L’agent ne s’expose pas aux mêmes
obligations.
La DRH informe qu’elle fera tout de même un rappel aux personnes dites éligibles au télétravail.
Rappelons que l’agent n’a pas à
justifier, le cas échéant, son refus de télétravail.
Point 4 : Communication autour du règlement de fonctionnement des centres
Sud rappelle que
malgré l’affichage partiel des règlements de fonctionnement des sites, ils sont
très peu connus. Ils sont d’ailleurs en partie incomplets, car non finalisés. Sud s’étonne de l’exhaustivité des
préconisations diverses et variées indiquées par les règlements de
fonctionnement. En effet, ces préconisations répondent à toute une série de
difficultés et de problématiques susceptibles d’affecter les centres. Pourtant,
malgré leur existence formelle, elles ne sont pas mises en application. Toute
une série de problématiques remontées récemment par le personnel des LHSS
notamment, auraient pu trouver réponse et modalité de gestion de situation de
crise dans ces règlements de fonctionnement.
Sud se demande
donc quelles sont réellement les conditions d’appropriation par les agents, de
ce document. Y a-t-il réellement un temps et un espace dédié pour que le personnel
s’imprègne de ces règlements de fonctionnement ? Car il faut du temps pour
assimiler toutes les informations délicates et très précises qui y figurent. Il
faut qu’il y ait échange entre collègues, hiérarchie. Les choses écrites
peuvent être interprétées différemment s’il n’y a pas un travail collectif de
mise en commun et d’explication commune du contenu de ces règlements de
fonctionnement. Sinon, chacun peut comprendre ce qu’il veut comprendre, et on
risque justement de ne pas se comprendre.
Par ailleurs, les membres CHSCT représentants
du personnel, rappellent une série de difficultés rencontrées dans les LHSS,
concernant les plannings du personnel, qui a tendance à changer, parfois trop
souvent et à la dernière minute. Notamment dans des services où il manque un
cadre ou il y a changement récent de cadre. Certains cadres seraient revenus
sur ce qui avait été convenu avec les agents, en termes d’organisation, et cela a pu fortement déplaire.
La DRH rappelle que la question de planning
est plutôt une question organisationnelle, et donc, susceptible d’être traitée
plutôt dans le cadre d’un CT (Comité Technique), même si, au vu de l’impact que
les plannings peuvent avoir sur le personnel, elle peut être traitée ici, en
CHSCT.
Des réunions ont été proposées récemment entre la hiérarchie et le personnel, justement pour essayer de désamorcer la situation sur certains sites. Il y a d’ailleurs des recrutements de prévus, ce qui devrait aussi jouer en faveur d’un retour à la normale. Mais en effet, la DRH reconnaît qu’il y a eu de très nombreux changements pouvant affecter le bon déroulement des choses.
Point 5 : Présentation des modalités de gestion de crise en cas de tensions
dans un service
Sud met en avant le besoin de sensibilisation
du personnel aux questions de sexisme au travail, ainsi que de racisme ou de
problématiques de communautarisme, qui ont pu être remontées par les services.
Et ceci afin d’outiller les agents pour affronter dans les meilleurs conditions
possibles ce genre de situations, et éviter au maximum les conflits. De nombreuses
associations spécialisées peuvent être un soutien sur ces thématiques, tout en gardant en tête que
certaines associations peuvent être plus ou moins militantes et plus ou moins
radicales dans leur positionnement, comme SOS Racisme ou la Licra, concernant
la lutte contre le racisme.
La direction rejoint tout à fait le besoin de
prévenir, mais il est important aussi d’être dans le curatif, quand les
évènements malheureux ont déjà eu lieu sur un site. Les actions à mener doivent prendre en considération
différentes dimensions, dans une perspective globale et à long terme pour que
les services puissent se reprendre. Parfois cela peut impliquer des « remaniements »
au sein des équipes, des mises en place de modalités de travail et de relations
spécifiques et individualisées. Les suites ne sont pas forcément positives, une
fois ces plans d’action déployés, mais il est important de toujours garder une
perspective de résolution de crise pour avancer tous ensemble. C’est l’institution
que représente le Samusocial de Paris qui doit prendre possession de ces
questions.
Point 6 : Suites données à la recommandation de la médecine du travail concernant le
plateau du 115
Le service chargé de prévention étaye toute une panoplie de déploiements
opérationnels des différentes recommandations de la médecine du travail, pour
le 115 en particulier, qui sert d’expérimentation pour une éventuelle extension
des actions réussies, à d’autres services, comme le Pôle Habitat.
Tout
un travail a été fait et continue à être
fait pour diminuer la charge visuelle et auditive sur le plateau, avec
procédés d’insonorisation et de homogénéisation des lumières qui
parfois
contrastent trop entre "pas assez éclairé" ou "trop éclairé". L’excès
de
luminosité provoque des migraines. Il y a tout un travail à faire sur
les
barres led, notamment pour pouvoir les réguler localement, rangée par
rangée. Il
s’agit notamment de poser des lumières mixtes.
Un changement de casque est aussi prévu. Des
expérimentations sont en cours, afin de mieux isoler du bruit ambiant qui
parfois peut être très dérangeant. Mais cela implique aussi un « savoir
travailler et vivre ensemble » sur la régulation, penser à ses collègues,
éviter de parler trop fort, etc. C’est une question de formation. Il faut
rappeler dans ce cas les « règles du travail en open-space ».
Le rehaussement des cloisons avait été pensé
mais finalement la majorité des agents ne veulent pas par soucis de visibilité
et de communication entre eux. Cela
aurait néanmoins pu réduire la gêne sonore.
Sud est globalement satisfait des avancements de
ces travaux d’amélioration des conditions de travail au 115. Il rappelle que c’est un
dossier qu’il suit depuis très longtemps et y attache une importance toute
particulière. Néanmoins, Sud rejoint
aussi les préconisations du service de chargé de prévention, à savoir la
nécessité parfois d’un rappel des règles du travail en open-space. Car on aura
beau avoir les cloisons et les lumières les plus performantes, si les règles de
travail en open-space ne sont pas respectées, le travail pour l’agent peut
devenir vite un calvaire. Et Sud
rappelle aussi que le métier d’écoutant social en particulier, expose à une
certaine usure et fatigue spécifique liées aux problématiques rencontrées au bout du fil.
L’écoutant social est témoin direct de la misère parfois extrême (sociale,
psychique et matérielle) du public qui fait appel au 115. Il y a beaucoup d’émotions et de questionnements éthiques
à gérer et cela peut favoriser des fatigues psychologiques, impliquant du coup
aussi des fatigues visuelles et auditives, indépendamment des dispositifs
ergonomiques mis en place et des facultés de l’agent. La dimension managériale
est aussi essentielle pour être en appui des équipes, ainsi que la possibilité
de bénéficier de groupes de paroles, comme c’est le cas tous les mois.
Point 7 : Stratégie de prévention du risque incendie dans les locaux du SSP et risque attentat
La question s’est posée de savoir si chaque agent est formé régulièrement
au risque incendie ou si cela reste occasionnel et ciblé à certains agents. En
effet, bien que des rappels puissent être faits, et des mises à jour, il est
nécessaire pour le Samusocial de Paris de cibler certains agents plus que d’autres.
Il est important aussi de tenir compte du fort turn-over et du fait qu’il y a
souvent des nouveaux agents qui arrivent et qui ne sont pas forcément formés à ces
risques. Néanmoins, il est tout à fait possible de se concentrer sur la
formation de certains agents clé, comme les serre-files. Pas besoin de former
tout le monde à être serre-file par exemple. Quelques-uns suffisent. L’important
est de savoir faire des « levées de doute ». Il y a notamment les
formations SIAAP qui sont dédiées à cela. Elles sont recommandées mais pas
obligatoires. Néanmoins, la commission de sécurité peut demander à former le
personnel.
Sud
en profite
pour demander où en est le projet de sensibilisation des agents au
risque d’attaque
terroriste, comme cela avait été proposé par l’ancienne DRH. En effet,
des tutoriels
imagés indiquant les gestes simples et qui peuvent sauver la vie en cas
d’attaque
terroriste (fuir ou se confiner, mettre son téléphone en silencieux,
etc.), devaient être affichées un peu partout sur les sites du
Samusocial
de Paris. Les collectivités, les mairies et les écoles l’ont fait. Le
Samusocial
de Paris reste tout de même une enseigne relativement exposée.
Point 8 : Mesures de lutte contre la prolifération des nuisibles dans les locaux du
SSP
Présentation des opérations menées dans le cadre de cette lutte contre les
nuisibles dans certains sites. Pas de commentaire particulier, si ce n’est l’importance de telles
dispositifs afin d’assainir les conditions de vie des usagers et de travail du personnel
qui risque sinon, de répandre les nuisibles chez soi, avec tout ce que cela
implique d’un point de vue sanitaire et budgétaire pour l’agent.
Point 9 : Suivi des travaux en cours dans les locaux du
SSP
Mise en avant du savoir-faire du personnel du
SSP dans la réalisation de ces travaux. Rappel des dispositions
patrimoniales des différents sites dont le Samusocial bénéficie mais dont il n’est
pas propriétaire. Différentes conventions avec la Mairie de Paris et des associations
comme Emmaüs.
Il est fait un point sur l’utilisation de véhicules électriques dans un
souci d’intégration de visées éco-responsables au sein de la flotte de véhicule
du Samusocial de Paris. Le projet est d’augmenter le nombre de véhicules « verts ».
POINT 10 : Avancement des travaux conduits par le SASST (Service Social Santé au
Travail)
Sud est satisfait de la reprise des travaux pour la mise en place du DUERP
(Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels). Néanmoins Sud
regrette que le service chargé de prévention ne se serve pas plus des
observations inscrites par les agents sur le RSST (Registre Santé Sécurité au
Travail). Il convient que ce RSST peut être fastidieux pour les agents. Il est
très formel et est nominatif, ce qui peut dissuader les agents à y faire des
observations sur leurs conditions de travail. Sud trouve que l’alternative proposée par le SASST, au moyen de
carnets d’auto observation à remplir par les agents est intéressant. Cela peut faciliter
le travail de témoignage sur leurs conditions de travail. Mais cela n’accroche
pas forcément plus, les agents, après observation dans le cadre des travaux
menés. C’est un travail à poursuivre.
Sud se demande aussi pourquoi dans le point d’étape
présenté sur le DUERP, des services comme le SIAO, le 115 ou le Pôle Habitat, n’y
sont pas mentionnés. Le service chargé de prévention explique que sur le
court-terme en effet, ils n’y figurent pas, tout comme d’autres services, mais
seront aussi traités, à terme.
La direction reconnaît que le DUERP est une
pierre angulaire au Samusocial de Paris et qu’il faut sensibiliser. Un projet
notamment de signalisation des lieux où se trouvent les RSST est en cours, afin
de permettre aux agents de savoir où ils se trouvent et de s’en servir.
Point 11 : Bilan provisoire du recours à Paris Aide aux
victimes (PAv)
Sud estime que la communication au sujet de ce dispositif d’accompagnement des
agents en difficulté est insuffisante. Ne pourrait-on pas envisager d’insérer
une brochure présentant le PAv dans le dossier d’accueil des nouvelles recrues,
au moment de l’embauche ? Y dédier une page web sur l’intranet du Samusocial
de Paris ? Sud est témoin de par son rôle syndical, d’un grand nombre de
situations difficiles d’agents qui viennent le voir. Or, il ne nous vient
quasiment jamais à l’esprit, l’existence de ce PAv, vers lequel certains agents
pourraient être orientés, tout comme le SAM de la Mairie de Paris (Service d’Accueil
et de Médiation destiné aux agents de la Ville de Paris), à une époque.
Le SASST explique qu’il y a peu de chiffres disponibles
à jour concernant la fréquentation du PAv, par les agents. Mais il
n’y a pas forcément non plus une possibilité de suivi exhaustif, puisqu’un
agent peut tout à fait faire appel à ce service directement, ans passer par le
SASST ou en informer son employeur. Le SAM est toujours fonctionnel d’ailleurs.
La direction rejoint tout à fait cette
préoccupation d’accès pour chaque agent à cette information concernant la
possibilité de faire appel au PAv ou au SAM.
Questions diverses :
Réglement intérieur du CHSCT, le remake :
Il a été question de soumettre au vote le règlement intérieur du CHSCT qui
a été rendu caduque par la direction en dépit de la demande de son maintien par
les syndicats et membres CHSCT. Sud, ayant été à l’initiative de cette
proposition de soumettre au vote l'ancien RI, explique qu’il s’agissait surtout de mettre fin à une situation imprévue
et handicapante. Fonctionner sans règlement intérieur du jour au lendemain
alors que nous nous y sommes référés durant tout un mandat, n’est pas anodin.
Revoter le même RI était une façon de mettre fin à cette situation bancale.
Néanmoins la direction n’est pas pour un vote
purement formel du RI tel quel. D’autres syndicats souhaitaient d’ailleurs profiter
de cette occasion pour le modifier. Mais ce n’était pas le souhait de Sud, qui
souhaitait dans un premier temps le revoter tel quel, juste pour se munir du
RI, et ensuite, pourquoi pas, envisager des modifications.
La direction insiste sur le fait que l’instance
CHSCT doit ressembler à ses membres. Aujourd’hui le RI n’est plus en phase avec
la réalité réglementaire. Néanmoins la DRH propose, à défaut d’un nouveau vote
de RI, de formaliser sous forme d’accord par exemple, une série de modalités d’organisation
de rédaction de l’ODJ (ordre du jour) du CHSCT, car c’est ce qui semble poser
souci. Par exemple, dans le cadre d’une charte de fonctionnement. La DRH rappelle
que la secrétaire adjointe remplaçant la secrétaire permanente du CHSCT en arrêt,
a une certaine autorité sur les autres membres et chapeaute la mise en place de
l’ODJ. Cependant cela a pu soulever des questions internes de fonctionnement et
fait apparaître des divergences.
Enfin, la DRH rappelle qu’il est hors de
question d’enlever le mandat de secrétaire permanente du CHSCT en raison d'un arrêt
long.
Point d’étape sur certains sites en difficulté :
Des équipes soignantes avaient fait remonter
une série de difficultés rencontrées au sein de leur service. Il en avait déjà
été question au CHSCT du 26 octobre 2021. Malheureusement, d’après les
témoignages d’agents ayant contacté les syndicats et représentants du
personnel, la situation semble perdurer.
La direction continue à regretter que la
lettre de doléance de l’époque était restée anonyme malgré sa demande à ce que
les auteurs se fassent connaître. Pourtant la DRH et les responsableq ont pu
voir personnellement certains agents, parfois à leur demande, parfois à la
demande de la hiérarchie. La DRH tient néanmoins à rappeler que « signaler
un évènement grave ne doit jamais être objet à sanction ». De plus,
la DRH insiste sur le fait que les « agents n’ont pas à se mettre en
danger et à s’exposer dans le cadre de leur travail ». Il faut tout faire
pour éviter cela.
Certains agents et représentants du personnel
regrettent un certain manque de communication de la part de la DRH, pour mieux
se faire connaître du personnel. Ils insistent aussi sur le fait que la lettre
de doléance était un choix collectif, même si certains agents n’étaient pas
signataires au sens stricte, de cette lettre. Mais il leur paraît
important de pouvoir signaler des dysfonctionnements managériaux graves.
La direction reste ouverte au dialogue mais
rappelle combien même il soit légitime de dénoncer des dysfonctionnements, il
est hors de question de s’en prendre aux personnes.